L’Israélien Nadav Lapid explore la fascination ambiguë d’une adulte pour un génie précoce. Rencontre avec le cinéaste et son actrice. 
Les plus puissantes forces du cinéma sont convoquées par l’Institutrice, second long métrage du cinéaste israélien Nadav Lapid. Ce sont les forces invisibles, celles que l’on ne voit pas, mais que l’on ressent, que l’on éprouve ou que l’on capte. Le sujet du film lui-même est une matière sableuse, liquide, fuyante entre toutes : la poésie. Son irruption dans le champ, dès le premier plan du film qui cadre, à hauteur de petit bonhomme, une cour d’école maternelle de Tel-Aviv, est de surcroît incarnée par un enfant de 5 ans, Yoav, ce qui rend cette matière poétique plus mystérieuse encore.
Cet enfant est un poète né. Il maîtrise à peine le langage, mais il est déjà traversé par les fulgurances d’une langue avec laquelle il joue, construit, défait, broie de la lumière et du noir. Son institutrice, Nira, repère très vite le prodige, se sent investie d’une mission : le prendre sous son aile.
Olivier SÉGURET - Libération

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